Comprendre l’odorat pour mieux détecter tôt la maladie d’Alzheimer

Regroupement thématique : Vieillissement cognitif et santé mentale

Comprendre l’odorat pour détecter plus tôt la maladie d’Alzheimer

Résumé du projet

Introduction

La maladie d’Alzheimer ne commence pas du jour au lendemain. Bien avant l’apparition de pertes de mémoire importantes, certaines personnes ressentent des difficultés cognitives qu’elles ne peuvent pas expliquer : elles ont l’impression que quelque chose ne tourne pas rond, mais les tests neuropsychologiques standards ne montrent rien d’anormal. On appelle cela le déclin cognitif subjectif (DCS). Ce stade est important, car il peut représenter la toute première phase de la maladie d’Alzheimer. Cependant, il n’est pas très spécifique : les personnes ayant un DCS ne développeront pas nécessairement la maladie. Pour mieux identifier celles qui sont réellement à risque, il faut donc trouver d’autres indices précoces.

Nous nous intéressons à l’odorat, car il s’agit de l’un des sens les plus sensibles aux changements dans le cerveau. De nombreuses études ont montré que les personnes atteintes d’Alzheimer ont souvent un odorat diminué, et que même les personnes au stade de DCS présentent déjà des difficultés olfactives. De plus, ces changements peuvent apparaître avant les troubles de mémoire.

Cependant, on ne sait pas encore précisément ce qui se passe dans le cerveau pour expliquer ces difficultés. Les études existantes se basent surtout sur des tests comportementaux (sentir, reconnaître, identifier des odeurs), mais très peu ont examiné l’activité cérébrale elle-même. C’est là que notre projet intervient.

Objectifs

Notre objectif est de comprendre comment le cerveau réagit aux odeurs chez les personnes ayant un DCS, et de comparer ces réactions à celles de personnes du même âge sans plainte cognitive. Pour cela, nous mesurerons à la fois les performances olfactives (tests classiques d’odorat) et l’activité cérébrale en réponse à des odeurs, grâce à un électroencéphalogramme (EEG). L’idée sous‑jacente est que si le cerveau commence à se détériorer très tôt dans la maladie d’Alzheimer, cela devrait se refléter dans la manière dont il traite les odeurs.

Résultats attendus

Nous recruterons donc 100 personnes âgées de 60 ans et plus, dont 50 présentant un DCS et 50 sans plainte cognitive, appariées en âge et en sexe. Chaque participant viendra au laboratoire pour une séance d’environ trois heures. Nous évaluerons d’abord l’odorat à l’aide de la batterie Sniffin’ Sticks, qui mesure la capacité à détecter, distinguer et identifier des odeurs.

Dans un second temps, nous mesurerons l’activité cérébrale à l’aide des potentiels évoqués olfactifs, de petites variations électriques dans le cerveau déclenchées lorsqu’une personne sent une odeur. Pour cela, un casque EEG de 32 électrodes sera installé, et un olfactomètre délivrera des odeurs très précisément contrôlées. Nous analyserons ensuite la latence (temps de réaction du cerveau) et l’amplitude (force de la réponse cérébrale).

Nous pensons que, chez les personnes avec DCS, les performances olfactives seront plus faibles et les réponses cérébrales plus lentes et moins fortes. Nous anticipons également que ces réponses cérébrales permettront de prédire les performances aux tests d’odorat. Enfin, nous formulons l’hypothèse que les différences seront plus marquées chez les femmes, car elles ont généralement un meilleur odorat mais sont plus touchées par Alzheimer.

Ce projet est le premier à combiner des tests d’odorat et des mesures électrophysiologiques chez des personnes ayant un DCS. Il pourrait permettre d’identifier des signes très précoces de la maladie d’Alzheimer, de mieux comprendre comment la maladie affecte le cerveau avant les symptômes classiques et, à terme, de développer de nouveaux outils de dépistage. Les résultats serviront également de base à une future demande de financement auprès des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Équipe de recherche

Chercheur principal

Johannes Frasnelli, professeur titulaire, Département d’anatomie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Chercheur régulier au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM). 

Membre du RQRV

Autres chercheur·e·s

  • Boller B; Ph.D., UQTR;
  • Phillips N; Ph.D., Concordia

Étudiant·e·s

  • Fortier-Lebel, O; candidat au doctorat, UQTR;
  • Hudon É; candidate au doctorat, UQTR

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