Résumé du projet
Introduction
Un problème bien concret
Les technologies destinées aux personnes aînées (applications de santé, dispositifs de surveillance, outils d’aide à l’autonomie) sont souvent conçues sans que leur facilité d’utilisation soit rigoureusement testée auprès de ce public. Résultat : des outils parfois mal adaptés, peu adoptés, voire abandonnés. Évaluer si une technologie est réellement facile et agréable à utiliser (ce qu’on appelle l’« utilisabilité ») demande des compétences particulières!
Notre projet est parti d’un constat simple : chercheurs, formateurs et professionnels de la santé qui travaillent avec les personnes aînées manquent souvent d’outils et de formation pour bien évaluer ces technologies. Nous avons donc voulu créer un espace où ces personnes, issues de milieux très différents, pourraient apprendre les unes des autres.
Objectifs
Étape 1 : Écouter avant d’agir
Avant de construire quoi que ce soit, nous avons interrogé 34 personnes provenant de la recherche, de l’enseignement et de la pratique clinique pour comprendre leurs besoins réels. Les résultats ont confirmé nos intuitions : près des deux tiers des répondants (65 %) se sentaient peu ou moyennement à l’aise avec l’évaluation de l’utilisabilité des technologies. Les gens souhaitaient surtout :
- mieux comprendre les méthodes d’évaluation existantes,
- avoir accès à des cadres théoriques clairs,
- disposer d’outils concrets adaptés aux réalités variées des personnes aînées.
On a aussi identifié les principaux obstacles : peu d’outils spécialisés disponibles, des bases théoriques jugées insuffisantes, et un accès limité à des ressources pratiques fiables.
Étape 2 : Créer un espace d’apprentissage collectif
Face à ces besoins, nous avons mis sur pied une communauté de pratique : un regroupement de personnes qui partagent un intérêt commun et qui apprennent ensemble, en échangeant leurs expériences plutôt qu’en suivant un cours magistral classique. C’est un peu comme un club où chacun apporte ses connaissances et repart avec de nouvelles idées et de nouveaux outils.
Les participants souhaitaient majoritairement des formats hybrides (en ligne et en présentiel) et des activités ancrées dans leur pratique quotidienne plutôt que de la théorie abstraite. Nous avons construit la communauté de pratique en conséquence, pour qu’elle soit à la fois flexible et durable dans le temps.
Étape 3 : Apprendre en faisant, ajuster en cours de route
Cinq ateliers bilingues (français-anglais) ont été conçus et offerts, chacun répondant directement à un besoin identifié lors de l’étape d’écoute :
- Cadres conceptuels : technologies et travailleurs plus âgés (février 2025, en ligne)
- Approches de simulation en réadaptation : méthode du « Magicien d’Oz » (mai 2025, en ligne)
- Cartographier les interventions technologiques : décrypter la logique des technologies de réadaptation pour mieux les évaluer (juin 2025, en ligne)
- De l’expérience aux compétences : discussion informelle autour d’un café sur l’évaluation des technologies (octobre 2025, en présentiel, Montréal). Tenu dans un contexte de mobilisation à l’échelle nationale, cet atelier a permis de faire le point sur les compétences développées au sein de la communauté et de dégager les priorités pour la suite du projet
- Le cadre NASSS : exploration du cadre Nonadoption, Abandonment, Scale-up, Spread and Sustainability, un outil conceptuel qui aide à comprendre pourquoi certaines technologies sont adoptées et intégrées durablement, alors que d’autres sont abandonnées ou peinent à se déployer à plus grande échelle (mars 2026, en ligne)
Résultats
Après chaque atelier, nous avons recueilli les commentaires des participants et ajusté le contenu suivant pour qu’il colle encore mieux à la réalité du terrain. Cette façon de procéder, un pas à la fois, a permis d’améliorer continuellement la qualité et la pertinence des activités.
Des personnes de disciplines et de régions très différentes ont pris part à ces ateliers, ce qui a enrichi les discussions et permis de construire des connaissances à plusieurs voix plutôt qu’en vase clos. Les évaluations réalisées après chaque atelier montrent un haut niveau de satisfaction, autant pour la qualité du contenu que pour sa mise en application immédiate dans la recherche ou la pratique clinique.
Perspectives
Des outils qui restent utiles après le projet
Au-delà des ateliers eux-mêmes, ce travail a donné naissance à des fiches méthodologiques bilingues, des guides pratiques et concis, qui ont été intégrées au répertoire interactif UTech. Ces fiches permettent à quiconque, même après la fin du projet, de continuer à profiter des connaissances développées par la communauté.
La suite des choses
Le projet, qui avait une portée plus régionale jusqu’ici, s’oriente maintenant vers une expansion pancanadienne. Les bases méthodologiques, collaboratives et participatives construites au cours des deux dernières années serviront d’assise à cette prochaine phase.
Rayonnement scientifique
Les résultats et apprentissages issus de ce projet ont été présentés lors de plusieurs congrès et événements scientifiques au Canada et à l’international, notamment le congrès annuel d’AGE-WELL (2024 et 2025), le congrès de l’Association canadienne de gérontologie (2025), la conférence AAATE tenue à Nicosie, Chypre (2025), les Journées scientifiques du RQRV (2025), ainsi qu’une conférence-midi de l’INTER (2024). Ces présentations ont permis de faire connaître l’initiative UTech à un large public de chercheurs, de formateurs et de professionnels de la réadaptation et à agrandir la communauté de pratique.
Équipe de recherche
Chercheure principale
Karine Latulippe., Erg, PhD, Université TÉLUQ et i-TEQ,
Membre du RQRV
Autres chercheur·e·s
- Auger, C., Erg, Ph.D., Université de Montréal
- Vincent, C., Erg, Ph.D., Université Laval
- Campeau-Lecours, A., ing, Ph.D., Université Laval
- Kairy, D., Pht, PhD, Université de Montréal
- Stefan Tams, HEC.
Étudiant·e·s
- Nay El H, Candidate à la maitrise, Université de Montréal
- Raphaël V, Candidat au doctorat, Université de Montréal
